Sempiternelle

Tout au loin. Et si proche. Toujours, sans cesse, inévitable. Aucune échappatoire. Elle m'enveloppe, m'enivre, me réchauffe et me frôle de sa douceur telle une caresse... Ne sais-tu pas qu'elle est là? Qu'elle est tout? Le commencement, la fin, le présent, les présents qui se succèdent. Sempiternellement. Et lorsque mes yeux se ferment, lorsque je sens sa chaleur, je sais qui je suis, je me souviens. Il n'y pas d'hésitation, plus d'ignorance. Plus d'amnésie. Plus de carence. Un et un continu. Depuis toujours et pour toujours. Pas de distance, pas de discontinuité. Nul artifice. Nulle vacuité. Il n'y a qu'elle.

A la fois.

Elle est là. L'entends-tu? L'entends-tu s'immiscer en toi? Je la perçois, ne la vois pas, mais la ressens. Elle m'anime, me réchauffe, si discrète et si omniprésente. Comme toujours, depuis toujours, à jamais comme jamais! Il ne tient qu'à moi de la laisser m'aimer. S'offrir à moi pour être moi. C'est ainsi que l'heure tourne, les aiguilles qui nous guident, comme un leurre invisible, comme un obstacle indécis qui ne sait se tarir que si le vent l'emporte. "Je ne laisse point d'écueil ans mon sillage", dit-elle. Mais faut-il la croire? Faut-il croire? Ce leurre est bien réel, cette heure n'a point de fin. Qui la commence? Qui la termine? Au-delà de ça il y a toi. Toi qui n'est point nommé co

Un et un continu.

"Soyez attentifs. Soyez présents. Nul ne sait si ce n'est pas la fin. Nul de pressent ce qui n'est pas. Faites le vœux d'être." Je l'entendais encore le répéter sans cesse. Et du plus profond de moi, je le ressentais. Elle disait vrai, cette voix lointaine et familière, cette voix hors du temps, de l'espace. D'une dimension à l'autre, à travers les âges, toutes les strates traversées et intriquées. Toutes les strates révélées. "Être droit, tel le maître de la rectitude." Être soi, pour ne plus avoir peur. Les fils de l'Un l'ont bien compris. Que reste-t-il de ces aînés? Se perdre encore, se retrouver. Parcourir tous les chemins qui ne font plus qu'un à l'infini. Pour atteindre le vrai soi,

Entends-tu?

Entends-tu? Quand elle est là, qu'elle te parle, t'interpelle? Sens-tu sa présence au plus profond de toi, tout autour de toi, silencieuse et enivrante, pénétrante et diffuse? Elle est là, là pour toi, là pour tout, comme à chaque fois, comme cette fois où tu ne l'as pas entendue, cette fois où tu t'es tu en faisant la sourde oreille... Pourtant elle est là, elle t'appelle, elle ne t'abandonne pas. Même lorsque tu lui tournes le dos, elle devance tes désirs, tes attentes, tes questions. Mais tu ne la vois pas. Tu ne l'entends pas. Et tu te demandes pourquoi. Pourquoi ta vie s'égare, pourquoi tu es si seul, pourquoi tant de vies sans toi, pourquoi tant de mots te glissent entre les doigts. En

Me reconnaîtrai-je?

" Pourquoi encore? Pourquoi cette fois? Pourquoi ne le dis-tu pas? Je l'ignore.. - Non, tu le sais très bien. Tu l'as toujours su. - Je ne me souviens pas... - Tu te souviens. C'est en toi, depuis toujours. - Alors pourquoi je ne m'en souviens pas? - Parce que tu ne lèves pas le voile, tu es habitué à fermer les yeux, à ne pas entendre, à ne pas être toi. - Que faire alors? Comment redevenir moi? - Il suffit de le vouloir, du plus profond de toi, avec une intention sincère et sans fard. - Et comment saurai-je quand j'y serai parvenu? - Tu le sauras. Tu as toujours su. - Me reconnaîtrai-je? - Mieux que quiconque, comme je te reconnais, comme je te vois. - Je suis toi... - Et je suis toi..."

Elle était là.

Elle était là. Encore. Toujours. Sans un bruit, délicate. Indécis que j'étais, je n'osais la reconnaître, la laisser entrer. Mais sa caresse, son appel, silencieux, non loin, me rappelait à moi... Sa chaleur, innocente, colorée, comme un spectre d'été, comme une ondée dans le flou. Était-ce moi? Mon illusion? Est-ce moi au-delà? Et si je la laissais entrer... et si j'osais. Pour une fois et pour toujours. Me rassureras-tu encore si je le fais?

Les yeux clos.

C'est ainsi que j'avançais, ainsi que je respirais, à demi-souffle, dans le noir, sans elle, mais elle était là. D'une caresse, d'un effleurement, elle me guida. Au loin, le son des vagues, d'une nature si profonde qui m'appelait. Une nature faite homme. Un homme fait de nature. Fée de nature qui susurre à l'oreille de l'Homme. Il n'y a pas de distance. Il n'y a pas de différence. Et le bleu m’enivra, le bleu dans tous ses états. Et c'est là qu'elle se fit corps. C'est là qu'elle me pénétra pour ne faire plus qu'un avec moi. Car elle était moi, déjà là, depuis toujours. Mais ce n'est qu'en prenant sa place en moi qu'elle m'éveilla, qu'elle me força à être moi, à m'éclairer, à l'accepter. Pou

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